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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 22:21

   Suite à l'article précédent, je vous propose un regard plus appuyé sur chacun des tableaux exposés... (Toutes les images ci-après peuvent être agrandies).

01---Accueil-Deols.JPG   Tout d'abord, approchons-nous du bureau d'accueil pour y lire la présentation de l'artiste.

02---Detail-accueil.JPG

   Nous découvrons sur le comptoir une liasse de feuillets pliés en deux et ornés de dessins originaux, parmi lesquels nous pouvons nous servir afin de suivre le fil conducteur de l'exposition et de connaître les noms des différentes oeuvres affichées.

00a---Guide-visite-exterieur.jpg

    Robert Bichet y a inséré comme à son habitude un paragraphe sur sa vision de l'Art. Le titre de l'exposition, "l'Eternel Départ", rappelle son goût pour le voyage, et sa manière optimiste d'envisager la vie comme un présent toujours neuf et riche d'avenirs. Malgré les "ruines" apparentes, ses dessins apparaissent (surtout les plus récents) comme remplis de forces explosives qui recréent de nouveaux espaces... et leur forme générale est souvent celle de navires bravant les flots.

00b---Guide-visite-interieur.jpg    Nous constatons que, comme toujours, c'est une exposition "non-vente" : en effet Robert Bichet n'accepte pas de se séparer de ses oeuvres, et consent uniquement à en faire cadeau à des amis à condition qu'ils les lui rendent pour ses expositions (c'est le cas par exemple de "Parcours secret" (le n° 5).

   Mais commençons notre visite, comme indiqué, par le Hall dans sa partie gauche.

03---Espaces-inaccessibles---1977.JPG1 - Espaces inaccessibles (1977)

     Robert était triste à cette époque. Il considérait la ville comme un lieu d'enfermement d'où l'on ne voyait les arbres que tronqués, à travers des fenêtres.

04---Le-chaos---1976.JPG

2 - Le chaos (1976)

    Sensiblement de la même époque, ce tableau montre la technique utilisée à l'origine, à partir de taches d'encre de chine étalées sur le papier d'où vont surgir les arbres qui cette fois poussent sous le béton, détruisant au passage la ville implantée.

05---Espaces-transformes---1983.JPG3 - Espaces Transformés (1983)

     Ici apparaît peu à peu l'usage de l'aquarelle, et tandis que la nature faisant exploser la ville reprend peu à peu ses droits (vous voyez à droite les tours de Notre-Dame de Paris), tandis que les arbres se coiffent des chapeaux des vieilles cheminées de campagne, surgissent des espaces d'évasion, à travers des cadres, sous les racines ou dans les branches...

06---L-eternel-depart---1984.jpg4 - L'éternel départ (1984)

   Voici le premier grand bateau fantastique transportant des villes entières, plus douces et plus accueillantes. L'usage de la couleur se généralise en taches moins sombres (ce dessin a été photographié hors exposition).

07b---Parcours-secret---1991.jpg5 - Parcours secret (1991)

    La technique a totalement basculé et s'est considérablement affinée. Muni de racines, cet univers en marche porte en lui tout un monde de paysages mystérieux dans lesquels se réfugier et se promener à loisir...

08---Parcours-secret-derriere-Orion---1991.jpg6 - Parcours secret derrière Orion (1991)

   Même atmosphère de mondes intérieurs enchevêtrés, encastrés cette fois dans la forme rectangulaire de la constellation d'Orion (photographie prise également hors exposition).

 

    Mais poursuivons notre visite en montant l'escalier, puisque c'est de l'étage que reprend la seconde partie de l'exposition. Il va s'agir maintenant de "Poèmes illustrés".

09---Robert-printemps.jpg7 - Printemps (2001)

    Il s'agit du premier des quatre poèmes ayant pour thème une saison. Et c'est volontairement que Robert Bichet l'a disposé ici à l'étage, pour bien montrer que la vie évolue comme une descente progressive vers l'hiver, ou la mort... Dans le dessin qui l'accompagne, les univers s'empilent les uns par-dessus les autres, tendant leurs doigts vers le ciel comme les branchages des arbres, alors qu'en bas, dans les racines, dorment des villages tranquilles.

10---L-enfant---2007.jpg8 - L'Enfant (2007)

   Juste à côté de "Printemps", "l'Enfant" souligne cette identité entre les saisons de l'année et celles de la vie. On remarque sous chaque poème un long commentaire : en effet, Robert Bichet ne peut dissocier les poèmes qu'il a écrits de l'atmosphère dans laquelle ils sont nés, et en inscrivant avec précision les circonstances de leur éclosion il en fait des clichés qui lui apporteront autant de chaleureux souvenirs lorsqu'il les relira dans sa vieillesse.

11---Ete---2001.jpg9 - Été (2001)

    Avec ce poème, l'atmosphère se durcit... Robert n'aime  pas l'été ! Peut-être cela vous surprend-il, mais si vous considérez l'enfance qu'il a vécue, vous comprendrez mieux : jamais il n'a connu de vacances en famille ; jusqu'à dix ans c'était, après des mois de pension éloigné des siens, l'envoi en colonie de vacances qui perpétuait son sentiment d'isolement et d'abandon ; à partir de dix ans ce fut le travail acharné au Relais de ses parents où il aidait au service, n'ayant de repos que le mardi... Les chaudes journées lui paraissaient alors lourdes, comme toutes chargées d'orage.

11c---Riez---2008.jpg10 - Du côté du Bonheur : Riez, riez, riez ! (2008)

    Mais il n'est pas juste que la saison du soleil reste triste : c'est pourquoi ce poème centré sur la joie de vivre vient se coller auprès de celui consacré à l'Été. Vous y apercevrez un effet de graphisme évoquant le crescendo en musique : les trois premiers mots "Riez" sont écrits de plus en plus gros, comme s'ils étaient dits de plus en plus fort.

12b---Automne---2001.jpg11 - Automne (2001)

   Vient l'automne, et avec lui la douceur des couleurs bien rendue par l'image apposée, dans un "cercle" de brume grise.

13---Hiver---2001.jpg12 - Hiver (2001)

    Enfin l'hiver clôt ce parcours de vie, apportant ses défaites au bas de l'escalier...

    Cependant pour Robert Bichet tout n'est pas terminé. Si la mort semble régner, la vie n'a pas dit son dernier mot...

14---Arbres---2009.jpg13 - Arbres (2009)

     ... Non, les arbres sont là pour témoigner de la force souterraine qui travaille à fabriquer un nouveau cycle d'existence, un nouveau printemps, de nouveaux projets !

 

    Et comme nous voici dans le Hall, prêts à découvrir la superbe série des "Mutation-Galaxie", je vous abandonne un instant, pour reprendre notre visite dans un prochain article.

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Publié par Martine Maillard - dans Dessin - expositions
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commentaires

Viviane 15/03/2011 17:41


C'est fascinant ces dessins, j'adore!!! on pourrait s'y perdre des heures... cela me fait bien sûr penser à Buffet mais aussi à ces dessins de romans d'anticipation, sauf qu'il s'en dégage ici une
poésie un peu noire, angoissée, tendue. Magnifique! ( Le voyage, c'est toute l'âme du poète qui parle...)


Martine Maillard 15/03/2011 17:58



C'est mieux avec des photos n'est-ce pas ? Oui, il y a une grosse angoisse au départ qui est "transcendée" et provoque un surgissement. De plus Robert m'expliquait qu'il tire toujours parti des
"accidents" : ainsi certains îlots de dessin suspendu en l'air proviennent d'accidents de couleur tombée au mauvais endroit, et qu'ensuite il a décidé de "récupérer" en les ornant de maisonnettes
et de lucarnes, ce qui finalement s'est avéré être une réussite (sinon il aurait fichu le dessin en l'air : ça arrive !). Mais à la base ses dessins sont toujours des "refuges", c'est-à-dire des
mondes qu'il crée pour se promener dedans (c'est pourquoi d'ailleurs il refuse de les vendre !)... D'où la relation avec les BD d'anticipation - ou avec des films comme "le Château dans le ciel"
de Myasaki.



Profil

  • Martine Maillard
  • "C'est quand on est enfant qu'on emmagasine dans son cœur les choses les plus importantes de la vie" , dit souvent Robert Bichet.    

Je souhaite vous faire partager ici son enthousiasme et ses passions.
  • "C'est quand on est enfant qu'on emmagasine dans son cœur les choses les plus importantes de la vie" , dit souvent Robert Bichet. Je souhaite vous faire partager ici son enthousiasme et ses passions.

Présentation

Né en 1947, Robert Bichet reçut d'abord  une formation de musicien au Conservatoire National de Région de Tours en hautbois puis en écriture. Simultanément il publia deux recueils de poèmes sur la Région de Tours et commença à peindre sous l'influence de Pierre Dupas.

            Arrivé à Paris en 1970, il suivit durant deux années le stage de formation organisé par le Groupe de Recherches Musicales de Radio France et le Conservatoire National Supérieur de Paris, puis reçut une formation universitaire à la Faculté de Paris VIII où il fut admis au grade de licencié dans les départements de Musique et d'Arts Plastiques. 

          Tandis que deux nouveaux recueils de poèmes voyaient le jour, il s'initia à la gravure et commença à développer une technique d'encres soufflées. Par ailleurs ses relations avec de multiples amis instrumentistes enrichit sa connaissance des divers instruments et lui permit d'envisager une écriture musicale basée sur des masses sonores où apparaissent en relief des solistes dont tous les moyens sont mis en valeur. Cette exigence de recherche instrumentale lui valut une édition musicale à compte d'éditeur (chez Henri Lemoine) de son "Désert II" pour hautbois.

          Après avoir enseigné dans divers collèges de la Région Parisienne et avoir réussi à y insuffler un élan vers l'expression musicale contemporaine, il fut nommé en 1981 directeur du Conservatoire Municipal de Musique d'Issoudun (Indre), où conjointement à ses activités d'administrateur il développa largement sa peinture,  sa poésie et sa musique, par des créations originales spécialement conçues  pour ses élèves, ou même pour les enfants des écoles, appelés à participer.

        Retraité depuis 2007 il poursuit ardemment par des cours, des conférences, des animations, des concerts et des expositions, le but qu'il s'est fixé :  amener chacun à éveiller le poète qui sommeille en lui, en prenant conscience que tout être humain est un créateur.       

L'Art vient d'ailleurs, il est sacré.

L'artiste n'est qu'un transmetteur capable de s'émerveiller.

Quels que soient sa race, son sexe, son âge, sa condition sociale, tout être humain a la possibilité de dire ou de penser : "c'est beau... ... ... "

C'est à cet instant qu'il devient poète.

S'il s'autorise à créer envers et contre tous, il devient alors artiste, nourri par l'énergie d'une force intérieure qui le dépasse et qui le guide.

Robert Bichet

Citations

« L'artiste doit aimer la vie et montrer qu'elle est belle. »

Anatole France

 

« Nous, nous voulons être les poètes de notre vie. » 

Frédéric Nietzsche

Un Reportage Vidéo

Bibliographie

POÉSIE

- Expansion d'amour

(Editions J.F.P.F., 1967) épuisé.

- Triptyque :

  . Expansion d'amour
 . Altitudes

  . Douze paraboles pour une jeune fille

(Editions José Millas-Martin, 1970) épuisé.

- De la fenêtre

(Editions Saint-Germain des Prés, 1971) épuisé.

- De la fenêtre

(Editions José Millas-Martin, 1972).

- Mes saisons de Bracieux

   Poèmes pour eux

   Poèmes venus d'ailleurs

(Editions Saint-Germain des Prés, 1973) épuisé

- Parcours secret derrière Orion

(Editions François Villon, 1997)

- Là-bas sont tous les rêves

(Editions Caractères, 2009)

 

MUSIQUE

- Désert II     pour hautbois

Extrait de "Du Fond du Gouffre", durée 7'

(Editions Henry Lemoine, 1986).

- Parcours secret derrière Orion      pour 7 saxophones

(5 saxophones alto mi b, 1 saxophone ténor si b et 1 saxophone baryton mi b), durée 20'

(Editions Van de Velde, 2002).