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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 00:00

        Robert Bichet, de plus en plus attaché à la terre berrichonne qui a pris dans son coeur la place de sa Sologne natale, prépare pour la grande aventure du millenium une oeuvre musicale intitulée Berry, Terre d'Inspiration.

Marie-Helene---Robert.jpgRobert et Marie-Hélène à Condé

         Simultanément, alors qu'il a organisé pour ses 50 ans une grande fête campagnarde dans sa maison de Condé, sa vie vient de brusquement changer : il divorce de son épouse, Martine Maillard (juin 2001), et trouve en Marie-Hélène M.-T. une nouvelle compagne précieuse et attentive. On peut lire dans la dernière partie de Parcours Secret derrière Orion (plaquette de poésie publiée en 1997 par les éditions Issoldunoises François Villon), l'Eternel Départ, un poème écrit à son intention :

Tu fais de la vie
Belle
ce grand brasier d'étoiles
où chantent
où s'émerveillent
les rêves les plus fous,
les mondes les plus secrets
les plus lointains voyages (...)

© Editions François Villon, sept. 1997


    
Le 26 mai 2000 a lieu au Centre Culturel Albert Camus d'Issoudun la création de Berry, Terre d'Inspiration, qui inclut l'audition d'un poème de Martine Maillard (en ouverture de l'oeuvre) à côté de celui de même titre du compositeur (en filigrane durant toute l'oeuvre, puis clairement énoncé à la fin), ainsi qu'auprès d'une bande électroacoustique et d'une bande de sons enregistrés l'apparition des vielles et des cornemuses berrichonnes. Enseignés depuis plusieurs années au Conservatoire Municipal, ces instruments ont séduit Robert Bichet, qui ressent profondément leur correspondance avec la nature et avec la terre dont ils sont issus.

      Ce sera l'oeuvre la plus importante qu'il aura composée depuis les Trois Métamorphoses du Rêve puisqu'elle dure plus de 45 minutes. Outre les éléments déjà cités, elle requiert un orchestre très vaste, composé notamment de guitares, mais aussi de percussions extrêmement variées  (douze enclumes, une cloche d'église, des éolyres...), d'un intervenant d'origine créole qui manie le didjeridoo et le djembé, sans parler des choeurs qui, tantôt parlés tantôt chantés, se munissent également d'objets sonores (appeaux, coquilles Saint-Jacques, boîtes de conserve...). Robert la dédicacera à André Laignel, son cinquième Père Spirituel  comme il aime lui-même à le désigner.

         Le poème correspondant, publié en 2009 par les éditions Caractères dans le recueil Là-bas sont tous les rêves exprime l'universalité de la Terre Berrichonne en ces termes :

 La mer est un désert
où les bateaux s'enlisent
trois par trois

Ma Bretagne berrichonne
tu portes en ton sein
mes voyages les plus intimes :
Gardaïa, Timimoun, El Goléa...
De tes terres rouges ensoleillées
ressurgissent l'Afrique noire,
la Guyane, toute l'Algérie...  (...)

© Editions Caractères, déc. 2009

 

     En février 2000, Robert a la douleur, après le décès de sa soeur cadette Joëlle intervenu en 1988, de perdre sa mère, Fernande-Gaud Bichet, artiste peintre dont il s'est toujours senti très proche. C'est pour lui  rendre hommage qu'il composera, en 2001, une pièce intitulée  Soleil Couchant. Commandée pour orchestre d'harmonie par Frédéric Langé (professeur de saxophone), elle est destinée à être travaillée lors du stage d'été de l'Académie musicale du Cher et sera exécutée et enregistrée à cette occasion l'été 2001.

Fernande-Bichet.jpgFernande-Gaud Bichet

    C'est hélas le commencement d'une "série noire" pour le compositeur, puisqu'il perdra successivement en septembre 2003 sa compagne Marie-Hélène (qui souffrait de graves problèmes de santé) , puis en juillet 2005 son père Gaston Bichet .

      Cependant dans l'immédiat la disparition de Fernande Bichet conduisit Gaston, désemparé, à se rapprocher de son fils et à lui offrir de l'accompagner dans de nombreux voyages autour du monde : il lui permit ainsi de visiter le grand Ouest américain, puis l'Egypte en croisière sur le Nil, l'île de la Réunion avec l'île Maurice, et enfin Rome et l'Italie. 

         Malheureusement en août 2003 Marie-Hélène est hospitalisée pour un infarctus et s'éteint un mois plus tard à Condé, ayant refusé son placement en maison de repos. C'est alors que, désespéré, il conçoit toute une série de dessins intitulés Mutation-Galaxie. Ils seront le point de départ d'un nouveau projet destiné à dépasser la souffrance, la création d'une nouvelle oeuvre musicale.

       Celle-ci, appelée également Mutation-Galaxie et dédiée à Marie-Hélène, sera longuement élaborée durant tout l'hiver 2003-2004 et expose une nouvelle philosophie de la vie en trois points (qui seront développés dans les trois volets de l'oeuvre) :

           1 - Ressentir une souffrance : c'est le chaos (ou, dira-t-il dans cette oeuvre : "la caverne de Platon", c'est-à-dire le monde des apparences, la vie vécue au "premier degré"). 

           2 - De cette souffrance, tenter de tirer un élément positif (une leçon de vie, un projet créatif) : c'est l'espace transformé (soit : sortir de la caverne, s'efforcer de s'abstraire des apparences pour découvrir ce qu'elles cachent).

            3 - Transcender alors la souffrance en prenant appui sur l'élément positif déterminé : c'est l'éternel départ.

     Le concert, donné le 1er juin 2004 au Centre Albert Camus d'Issoudun et accompagné d'une exposition des dessins correspondants,  fut accessible au public contre un droit d'entrée de 3€ qui fut intégralement reversé aux Handicapés de France : en effet, Marie-Hélène avait passé les dernières années de son existence dans une chaise roulante.

Mutation-Galaxie juin 2004

La création de Mutation-Galaxie le 1er juin 2004

     Plus que jamais, Robert ressent la nécessité dans cette vie d'être un artiste et de créer afin d'exorciser la douleur, et c'est avec une conviction de plus en plus intense qu'il y pousse son entourage du Conservatoire : depuis quelque temps lors des auditions des différentes classes - notamment celle de piano - les élèves et les professeurs exécutent parmi d'autres des oeuvres de leur composition.

 

      En juillet 2005 tandis qu'il raccompagne son père en Touraine, celui-ci s'engage sur un carrefour sans apercevoir, dans l'ombre du matin, une voiture folle lancée vers lui... Percutée de plein fouet par la gauche, la petite Golf  de Gaston Bichet fait plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser sur le flanc de l'autre côté de la chaussée, et Robert a juste le temps de réaliser que son père a été tué sur le coup. Suspendu par sa ceinture de sécurité, il souffre horriblement de longues heures en attendant les secours, mais affirme avoir vu son père  monter vers la lumière, puis revenir aussitôt à ses côtés pour l'assister.

Gaston BichetGaston Bichet

      Une longue hospitalisation, puis quelques mois de rééducation dans le service spécialisé de hôpital d'Issoudun dont il avait quelques années plus tôt célébré l'inauguration lui permettront de passer en douceur ces moments terribles. Il se sentit soutenu par la gentillesse des soignants et voulut croire au bonheur qu'avaient eu ses parents de se retrouver dans l'au-delà.

 

      Sans cesser d'exposer ici ou là, Robert Bichet prépare la grande oeuvre qu'il dédiera à son père disparu. Mais en 2007, c'est une nouvelle mouture de Point Migration (écrit initialement en 1991 à l'occasion d'un hommage à Arthur Rimbaud) qu'il donne à entendre lors du Concert de fin d'année du Conservatoire : conçue à partir d'un extrait de la Lettre du Voyant, l'oeuvre est cette fois écrite pour orchestre, ondes Martenot, percussions et bande de sons enregistrés.

Point-Migration.jpgPoint Migration, soirée de l'annonce du départ en retraite

      ...Et simultanément, ce à quoi personne ne s'attendait, il annonce son départ à la retraite pour le mois de septembre suivant : en effet, 2007 est l'année de ses 60 ans. Souhaite-t-il ne pas perdre une occasion de partir alors que la possibilité semble devoir s'en amenuiser année après année ? C'est ce qu'il affirme, mais il éprouve aussi le besoin de se plonger plus totalement dans la création, la gestion de l'Ecole de Musique devenant chaque jour plus lourde et plus complexe. 

      Pourtant, hors de question pour lui d'abandonner le Conservatoire et ceux qui le fréquentent : non content de s'inscrire lui-même en tant qu'élève dans la classe de jazz, il se met à animer des ateliers d'initiation à la musique contemporaine pour adultes, et dans un autre cadre mais sur le lieu même de la "Boîte à Musique", donne des cycles de conférences ouvertes à tous.

Andre-Laignel-et-Robert-Bichet.jpg

A l'occasion de son départ en retraite, André Laignel félicite Robert Bichet.

        La grande oeuvre prévue pour Gaston Bichet, Là-bas sont tous les rêves..., sera jouée en juin 2009 avec le compositeur cette fois au cor anglais - son instrument - tandis que Frédéric Langé, déjà bien habitué à la musique de son ancien directeur, en assurera la direction. 

La-bas-sont-tous-les-reves-juin09.JPG

Là-bas sont tous les rêves..., juin 2009

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Publié par Martine Maillard - dans Biographie
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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 15:30

      Robert Bichet aimait l'enseignement mais ne se sentait pas particulièrement à sa place dans l'Education nationale. Ne souhaitant pas se limiter à son instrument - le hautbois - il se sentait prêt à promouvoir le goût de la musique de façon plus vaste auprès des jeunes.

      C'est pourquoi, riche des deux licences qu'il vient d'obtenir de la faculté de Paris VIII (musique et arts plastiques, voir ici) et de sa vaste prestation dans l'univers culturel de La Courneuve (voir ici), il sollicite du Conservatoire devenu Régional de Tours (et notamment de Gilbert Flory et de Jacques Albrespic, ses maîtres, voir ici) leur appui pour obtenir un poste de directeur de Conservatoire ou d'Ecole Municipale de Musique dans la Région Centre.

       Il est justement père pour la seconde fois, d'une petite Morgane née en décembre 1980 ; et férocement opposé à la vie de banlieue, il ne se voit pas non  plus continuer à vivre dans son petit deux-pièces parisien avec deux enfants.

Morgane-Bichet.jpgMorgane Bichet

      L'opportunité de partir s'offre à lui dès le printemps 1981, le maire d'Issoudun André Laignel cherchant un remplaçant pour Marcel Naulais (brillant clarinettiste de la Garde Républicaine de Paris) qui souhaitait prendre sa retraite.

Avec-Marcel-Naulais-1982.jpgRobert Bichet avec Marcel Naulais en 1982

       La culture autant que l'enthousiasme de Robert les toucha, et particulièrement sa promesse d'entreprendre au niveau de la ville un vaste travail d'animation en profondeur, touchant les écoles et relié à des projets de créations artistiques originales.

Andre-Laignel.pngAndré Laignel tel que l'on peut le voir ici sur le site du PS

      André Laignel, homme de gauche et profondément humaniste, avait déjà engagé sur sa ville de grands travaux d'aménagement culturel (une médiathèque, une belle salle de spectacle et une maison de jeunes destinée à diffuser la culture et les pratiques artistiques autant que sportives) : son but en recrutant un homme tel que Robert était d'insuffler un climat créatif à son conservatoire, comme il l'avait déjà prévu en installant simultanément une troupe de théâtre sur sa salle de spectacle (La troupe du Nain Jaune dirigée par Bruno Nion, au sein du Centre Culturel Albert Camus).

  Centre-Culturel-Albert-Camus-Issoudun.jpg

Sur cette image tirée du site de la Ville d'Issoudun on peut voir Le Centre Culturel conçu en forme de trèfle par André Laignel avec ses trois antennes : 1) la Salle de Spectacle ; 2) la Médiathèque avec ses trois secteurs également - jeunesse, adulte, disco-vidéothèque - ; 3) la MELI, "maison d'expression et des  Loisirs d'Issoudun". J'ai rajouté en "4" le coeur du trèfle qui est le hall d'entrée ou hall des expositions (les chiffres en rouge sont ajoutés par moi).

 

    Robert reçoit ce message avec reconnaissance, ressentant que pour la seconde fois un "Père Spirituel" (le premier en la matière ayant été Paul Combes, principal du Collège Raymond Poincaré - voir ici) l'aide à réaliser les grands projets de sa vie.

    Et c'est tout naturellement qu'après son entrée en fonction en septembre 1981 il s'attelle à une remise à jour du projet poétique "Du Fond du Gouffre", en utilisant cette fois les acteurs de la Troupe, les élèves des écoles de la Ville d'Issoudun, ainsi que les élèves et les professeurs du Conservatoire. C'est la naissance des Trois Métamorphoses du Rêve, qui voient le jour en juin 1982 et sont le début d'une longue série de créations, plus ou moins ambitieuses en fonction des sollicitations ou de l'inspiration.

  Trois Métamorphoses du Rêve- Issoudun82
Création des Trois Métamorphoses du Rêve le 22 juin 1982 au CCAC d'Issoudun

      Appelé dans les premiers temps à diriger l'Harmonie Municipale d'Issoudun, c'est à ce moment que Robert transcrit son Choral "La Fleur d'Amour" tiré de Du Fond du Gouffre pour orchestre d'harmonie et le fait jouer à diverses reprises en divers lieux (par exemple à  Châteauroux) : Marcel Naulais, éminent artiste pour lequel Robert a aussitôt conçu une grande affection, lui apporte longuement son soutien et ses conseils (comme vous pouvez le voir à cette page, cet homme était loin de se désintéresser de la musique contemporaine et suivait largement Robert sur ce point).

       Par ailleurs Robert s'intègre rapidement au Groupe Poétique François Villon, installé sur Issoudun et dirigé par Jean-Noël Baglan, poète doué d'une grande sensibilité (voir ici, dans l'extension du groupe vers "Poètes en Berry").

       Après avoir trouvé une petite fermette en pleine campagne à quelques kilomètres de la ville, Robert trouve vite son équilibre dans un milieu particulièrement apte à favoriser son épanouissement.

RBichet-1988

Robert Bichet photographié en 1988 dans sa nouvelle maison de Condé à l'occasion d'un article de Presse (Cliché Claude Aumon, la Nouvelle République du Centre-Ouest)

        

      Tandis qu'il poursuit ses expositions de peinture ici et là (Châteauroux, Vierzon, Paris-quartier Beaubourg, Montluçon, région de Tours...) il se crée une solide notoriété locale par ses interventions en milieu scolaire destinées à amener les jeunes à la musique ou parfois simplement orientées vers la création poétique, et par son adresse étonnante à faire monter par des enfants de tous niveaux des spectacles toujours passionnants.

       Le pire (et on se rappellera ici une scène à la fin du film "Amadeus" de Miloš Forman, où Mozart, critiqué pour  son manque de rapidité à écrire son Requiem répondait en montrant son crâne : "tout est là... Le reste n'est que du gribouillis"), le pire est qu'à l'approche de chaque concert la partition n'était jamais finie d'écrire, jamais totalement répétée,  ce qui mettait en ébullition les professeurs du Conservatoire ! Mais Robert, imperturbable, affirmait toujours que ses oeuvres étaient secondaires, que l'important était le travail régulier de l'élève et sa préparation des examens (auquel il tenait beaucoup pour la qualité de l'enseignement de sa maison)... Et au bout du compte, comme pour Du Fond du Gouffre, la partition arrivait au jour du concert toute limpide de ses schémas connus de tous, et pour lui donner vie Robert "soufflait", tout en dirigeant, à chacun là où il en était pour que personne ne se perde... Un véritable miracle au bout du compte dont chacun ressortait ébloui, stupéfait, comme ayant participé à une naissance.

Le voyage d'un papillon- 1985

Photo de presse du "Voyage d'un papillon", joué en l'Eglise Saint-Cyr d'Issoudun

    C'est le cas par exemple avec "Le Voyage d'un papillon" (1985), réalisé en partenariat avec une école maternelle (voir l'article qui lui est consacré ici) ; mais au moins les enfants, eux, avaient-ils travaillé régulièrement toute l'année.

      Puis vint une création intéressante quoiqu'exécutée sur le "fil du rasoir" pour d'autres raisons cette fois : les Neuf Espaces Sonores, conçus pour l'inauguration de l'Espace de Loisirs Sportifs (un piscine couverte avec vagues, toboggans, cascades, jets massants et bains à bulles, plus un bowling et un squash,  nouvel équipement remarquable apporté par André Laignel à sa ville d'Issoudun). Le concert eut lieu en juin 1986, en partenariat avec des plongeurs et des spécialistes de danse aquatique, et la difficulté jaillit du fait qu'en raison du spectacle nautique associé les instruments et les interprètes souffrirent particulièrement de l'atmosphère "tropicale" dans laquelle il leur fallut jouer.

 

ELS-Issoudun.jpgUne image de la piscine trouvée sur le site de la Ville. L'orchestre était installé devant les vitres.

      Après avoir créé à la demande d'une directrice d'école une musique pour un Conte composé par les enfants (Musique pour le Prince, la Princesse et le Sorcier qui ne savait pas sourire, 1987), Robert Bichet se consacre à des oeuvres d'inspiration plus personnelle et plus "ciselée", des variations autour d'un thème emprunté à son ami le peintre Michel Salsmann (voir ici) : ce sont les trois "Mardi 13 février ou une journée à vivre", écrits successivement pour ensemble de percussions (1987), pour les structures Baschet (1988), et pour soprano et piano (1990).

     A partir d'une lithographie représentant "quatre baigneurs nus dans une piscine sans eau parmi lesquels l'un n'est pas bronzé, regardant la mer à travers une vitre" (!... l'oeuvre évidemment est allégorique), Robert écrit un poème et l'associe aux différentes versions (voir mes articles ici et là)

 

     C'est en cette période que naît sa 3e fille, Sylviane (février 1987).

Sylviane-Bichet.jpgSylviane Bichet

     André Laignel instaure une section de spécialisation théâtre au lycée Balzac  d'Issoudun pour donner corps à la troupe d'amateurs qui s'y trouvait déjà (la troupe de l'Arlequin, dirigée par Béatrice Billard), et songe utiliser pour la partie pratique de cette formation les acteurs professionnels qu'il héberge à demeure au niveau du Centre Culturel Municipal. En 1988 c'est Claude Confortès qui a succédé à Bruno Nion, et c'est avec lui que Robert prépare une musique de scène pour une vaste évocation de l'Affaire Calas de Voltaire qui sera jouée en 1989 par la section Théâtre en l'honneur de l'anniversaire de la Révolution Française et de la Proclamation des Droits de l'Homme.

 

     Après Point Migration, réalisé sur un texte d'Arthur Rimbaud avec des élèves de maternelle (1991), Robert Bichet crée une nouvelle pièce de circonstance avec "Corps et Âme", grandiose évocation de la maladie conçue pour l'inauguration d'une nouvelle aile du Centre Hospitalier d'Issoudun (1996). Robert utilise là sa fille Marie-Noëlle, devenue élève de la section théâtre du lycée, comme récitante d'un poème de la jeune Sabine Sicaud, morte prématurément des suites d'une dure maladie (voir cet article).    Corps&âme-Hôpital-1996-2

Création de "Corps et Âme" devant la nouvelle aile de l'hôpital d'Issoudun

     C'est juste ensuite qu'André Laignel, infatigable bâtisseur, réussit à  construire dans le cadre d'une vaste implantation de bâtiments universitaires autour d'une aile de l'IUT de l'Indre rue Georges Brassens, ce qu'il appellera la "Boîte à Musique", un bâtiment encore une fois tripartite puisqu'il abritera :

- le nouveau Conservatoire municipal.

- une jolie petite salle de spectacle dédiée essentiellement à la chanson, mais aussi considérée comme auditorium pour le Conservatoire.

- des studios de répétition et d'enregistrement pour toutes les musiques et tous les musiciens de la ville, avec un régisseur attitré.

 

    Dans cet environnement de choix Robert va pouvoir élargir ses moyens en achetant de nouveaux instruments, en multipliant les classes d'ensemble (orchestre à cordes, orchestre à vents, classes de jazz, chorale d'enfants, chorales d'adultes...) et en créant de nouvelles sections, particulièrement celles qui concernent les musiques traditionnelles.

Parcours secret derrière OrionPréparation du concert donné à Gargilesse en mai 1997 : Parcours secret derrière Orion pour sept saxophones, sous la direction de Frédéric Langé

     Tandis que son amitié pour Frédéric Langé le conduit à la composition d'une pièce spécialement conçue pour sa classe de saxophones (et qui ainsi se verra éditée), Parcours secret derrière Orion (1997), peu à peu naît l'idée de l'oeuvre qui va devenir "Berry, Terre d'Inspiration", avec des vielles à roue et des cornemuses berrichonnes, et qui fera l'objet du "Concert de l'an 2000" au CCAC d'Issoudun.

 

A suivre...

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Publié par Martine Maillard - dans Biographie
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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 17:57

 

Robert-et-Martine-au-moment-de-leur-mariage-en-decembre-19.jpg
Robert Bichet et sa jeune épouse en décembre 1971

 

         Entre 1972, période de son mariage avec Martine Maillard (qui  eut lieu exactement  en décembre 1971) et 1977 (période de la naissance de sa première fille, Marie-Noëlle, qui eut lieu exactement en février 1976), Robert Bichet tâtonne.

Marie-Noelle-Bichet.jpgMarie-Noëlle Bichet

      Il publie en 1974 aux éditions Saint-Germain-des-Prés (devenues aujourd'hui Le Cherche-Midi éditeur) une nouvelle plaquette  composée de trois courts recueils, dans la toute nouvelle collection Miroir Oblique dirigée par le poète Jean Orizet :

   -   Mes Saisons de Bracieux

   -   Poèmes venus d'ailleurs

   -   Poèmes pour eux

et y intègre pour la première fois des illustrations de sa main réalisées à l'encre de Chine.   

Mes saisons de Bracieux

     Malheureusement l'éditeur lui perd ses originaux et il n'a pas songé à signer ses dessins sur le livre. Par contre il récupère ceux qu'il a consacrés simultanément à la plaquette de sa jeune épouse : Le Rossignol d'Argent, et la ressemblance est heureusement criante ; car là encore il a négligé de signer...

       Je m'étendrai davantage sur leur composition dans la partie "Poésie" de ce site et sur ces illustrations dans la partie "Peinture". Cependant petit à petit son style s'affirme et son goût pour une forme de dessin très personnelle se fait jour.

       Parallèlement il suit des stages de théâtre avec son ami le poète Jean-Luc Tony Génin, rencontré à la musique du 8e RT. 

Jean-Luc-Genin.jpgJean-Luc Génin, saxophoniste et passionné de jazz, photographié à l'occasion d'un défilé.

 

     Il se rend également aux rencontres musicales d'été de Nice, où il retrouve son maître Jacques Albrespic en pleine fièvre d'écriture.

Jacques-Albrespic.jpgA Nice en cet été 1974, Jacques Albrespic dans sa chambre d'hôtel montre à Robert le brouillon de sa 2e symphonie.

 

     Enfin en 1976, à l'occasion d'un stage d'équitation dans le Périgord, il fait une mauvaise chute qui l'immobilise et l'oblige pour s'occuper à se lancer à fond dans le dessin. Cette fois il s'équipe de grandes feuilles format raisin et met au point sa technique de création aléatoire, où à partir de taches d'encre de chine sur lesquelles d'abord il souffle (ou qu'il fait couler en penchant la feuille), puis qu'il estompe au coton, enfin qu'il  étale avec des lames de rasoir, il esquisse au rothring tout un monde caché de ruelles, d'escaliers, de fenêtres, d'arbres tronqués, de tourelles en ruines, de lunes, de cheminées, de petits chemins qui partent... tout un univers issu du rêve et de ses plus beaux souvenirs qui surgit en lui au fur et à mesure de sa promenade dans les ombres apparues sur le papier. 

Espaces-inaccessibles---1977.JPGEspaces inaccessibles, 1977.

 

   C'est le début de sa technique personnelle de dessin, qui rencontrera de plus en plus de succès pour son éminente originalité.

      Mais c'est entre 1975 et 1978 que se prépare le tournant le plus important de son existence.

      Il s'inscrit en cours du soir et de week-end à l'Université de Paris VIII (Vincennes à cette époque) et y suit simultanément une formation de musicologie et une formation d'arts plastiques. C'est pour lui l'occasion de prendre des cours de direction d'orchestre qu'il enrichit par des stages, et il se passionne pour la gravure, outil alors très utilisé  par son ami le peintre Michel Salsmann (voir ici).

Robert-Bichet-et-Michel-Salsmann.jpgMichel Salsmann, professeur aux Beaux-Arts de Paris, reçoit Robert à son atelier


     De nouveaux moyens d'expression s'offrent à lui.

    L'un de ses professeurs le pousse dans le cadre de la classe à composer sa première partition musicale ; mais c'est lorsque Jacques Albrespic lui fera découvrir les "Thrènes à la mémoire des victimes d'Hiroshima" de Krysztof Penderecki qu'il découvrira enfin que l'on peut écrire de la musique avec de simples signes conventionnels, sans utiliser de notes. Lui qui déjà utilisait des signes conventionnels dans sa poésie ! (Voir la partie "Poésie").

      C'était juste le déclic qui lui  manquait pour se lancer dans la composition de sa première grande oeuvre, que tout naturellement il édifia avec ses élèves d'alors dans une banlieue pourtant difficile mais en toute complicité, en leur démontrant qu'eux aussi pouvaient "devenir créateurs"... sans avoir même besoin d'avoir appris le solfège ; comme faisaient les tout premiers hommes qui à l'aube de l'humanité étaient déjà artistes, peignaient dans les cavernes et soufflaient dans des roseaux.

      C'était la naissance de "Du fond du Gouffre", au CES Raymond Poincaré de La Courneuve (pour le détail, voyez l'article dédié dans la partie "Musique" de ce site).

Robert-Bichet-et-ses-eleves-de-La-Courneuve--1980.jpgLa Courneuve en 1980 - CES Raymond Poincaré

 

A suivre...

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Publié par Martine Maillard - dans Biographie
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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 21:38

         Nous avons laissé Robert à Tours, étudiant le chant et découvrant Jean-Sébastien Bach à la chorale Jean de Ockeghem en compagnie de son professeur l'abbé Drouglazet. 

Robert-a-Tours-chez-son-grand-pere.jpgLe voici à Veigné près de Tours, où il travaille toute la journée dans la maison de ses grands-parents

         Bientôt, il obtient de ses parents de s'inscrire ou Conservatoire National de Tours et y étudie d'arrache-pied le hautbois, dans la classe de Gilbert Flory qui, découvrant en lui un élève d'exception, n'hésite pas à le recevoir plusieurs fois par semaine à son domicile dans le simple cadre de son cours. C'est ainsi qu'il brûlera les étapes et parviendra à obtenir une première médaille d'or en l'espace de quatre années seulement.

Avec-Gilbert-Flory-a-Tours.jpgPhoto récente de Robert avec son professeur Gilbert Flory, place Plumereau à Tours

      Cependant, passionné par l'écoute de France-Culture il découvre de plus en plus les musiciens contemporains et demande à entrer en classe d'harmonie puis de composition avec Jacques Albrespic, alors directeur du Conservatoire de Tours. Comme vous pouvez le voir sur ce site  à condition de descendre jusqu'à la 4e photo, Jacques Albrespic était un organiste de talent, et obtint un second Grand Prix de Rome de composition musicale en 1952 ; écorché vif, cet homme d'une immense sensibilité marqua considérablement le jeune Robert, qui plus tard accrochera son portrait dans son bureau de directeur à Issoudun.

  Jacques-Albrespic.jpg(Cliché de Daniel Besson pour "La Marseillaise du Berry")

           Entré dans la musique du 8e Régiment de Transmissions du Mont Valérien, histoire d'y faire son service militaire, il découvre Paris et rêve d'Apollinaire, le poète qui fut soldat durant la première guerre mondiale.

Robert-au-Mont-Valerien.jpgRobert en soldat, au Mont Valérien

     Il s'installe dans une petite mansarde et à peine démobilisé, plutôt que de poursuivre en classe d'instrument au Conservatoire National supérieur de Paris, il opte pour la classe de musique électroacoustique de Pierre Schaeffer où il est admis brillamment grâce aux connaissances en musique contemporaine qu'il a acquises par l'écoute de France Culture.

La mansardeRobert dans sa mansarde. Derrière lui déjà, le portrait d'Olivier Messiaen.

RBichet-GRM-01.jpgRobert travaillant au GRM (groupe de recherche musicales de Radio-France, partenaire du CNSM de Paris)

     Il commence à produire quelques oeuvres musicales, à partir uniquement de sons modifiés au magnétophone. L'informatique est encore loin ! (D'ailleurs il ne s'y fera jamais...).

      Nous sommes en 1972, époque de son mariage avec Martine Maillard.

Robert-a-Bracieux-1971.jpgRobert en 1972 dans le sentier qui ouvre sur l'allée de Bracieux, vêtu de son costume de garde-chasse.

      Robert se met  alors à enseigner l'Éducation Musicale comme Maître Auxiliaire dans divers collèges de la Région Parisienne, mais sur sa carte d'identité il refuse de noter une autre profession que "artiste", et chaque week-end il troque son costume de "professeur" contre celui de "vacataire dans les orchestres" ...  

Répétition d'orchestre à Paris - 1973Une répétition de la symphonia d'entrée d'une cantate de Bach en 1973. Le chef d'orchestre était une femme, et tous les musiciens de jeunes étudiants du Conservatoire. Il y a dans celle-ci un magnifique duo concertant entre les deux hautbois, je regrette de ne pouvoir vous la faire entendre ni vous la citer.

           ... ou encore de "musicien dans le métro"!

 

   


    Sur cette image il est accompagné de son ami André Taupin (alors en classe de violoncelle au CNSM de Paris et actuellement professeur de cet instrument au Conservatoire de Montluçon). Tous deux jouaient alors, non pas pour gagner leur vie (malgré le chapeau posé à terre par souci du décor !) mais pour le plaisir de la vie de bohême, et pour profiter de la superbe acoustique qu'offraient alors les tunnels parisiens.

      Robert ne manquait pas non plus l'occasion de diffuser sa conception de la poésie, car sur le sol vous pouvez voir tracé à la craie de ses mains le slogan qu'il avait inclus en en-tête de son 3e recueil "De  la fenêtre" (recueil inspiré de ses rêveries en cantonnement militaire), publié en 1971  chez ses deux éditeurs à la fois (les éditions Saint-Germain-des-Prés et les Paragraphes littéraires de Paris) :

« La poésie chante et pleure dans tous les mondes.
Elle habite chaque élément...
L'espace l'accueille pour faire ses images
et le poète la cueille en fleurs précieuses
pour décorer sa solitude. »

           Cette pratique lui valut une petite notoriété puisque bientôt il reçut d'un ami belge cette coupure de journal trouvée dans une édition de l'époque : 

 

Article-Libre-Belgique.jpg  


   Il faut dire que malgré le chapeau posé à terre, Robert honorait déjà son public car il portait chemise blanche et Lavallière.

 

   Sonate de Johann David Heinichen, 1er mvt (enregistrement amateur sous le métro, avec Robert Bichet au hautbois et André Taupin au violoncelle, année 1972)

 

Sonate de Johann David Heinichen, 2e mvt (même chose).

 

 

A suivre...

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Publié par Martine Maillard - dans Biographie
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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 23:00

 

RBichet déc08 07Robert Bichet dans sa maison de Condé en décembre 2008 (Photo Nouvelle République)

 

        Robert Bichet, aujourd'hui retraité des fonctions de direction au Conservatoire Municipal d'Issoudun, est un artiste atypique, multiforme, et comme il aime à le dire lui-même avec sa bonne humeur habituelle : "sauvage" !

      Né en juillet 1947 à Bracieux, dans le Loir et Cher (à proximité du parc de Chambord en pleine forêt Solognote), ce fut déjà un miraculé dès la naissance : sa mère ne devait pas avoir d'enfant, cependant il s'annonça ; il naquit prématurément après 6 mois de gestation dans la maison familiale, aucune couveuse n'étant disponible dans la région suite à la débâcle de l'après-guerre ; et malgré ses trois livres de poids seulement, il survécut enveloppé dans du coton cardé grâce à la canicule qui sévit cet été-là. Atteint de convulsions à l'automne, il fut laissé pour mort par le médecin et fut ondoyé ; mais le lendemain matin, sa mère ayant exigé une nouvelle piqûre, il vivait de nouveau à la grande stupéfaction du médecin qui s'avoua « converti ».

 

Le Relais de Bracieux

Le Relais de Bracieux

 

      Très fragile dans son enfance (son nerf optique resta d'ailleurs atrophié,) il vécut protégé dans la maison paternelle - une auberge dont les spécialités dans le domaine du gibier allaient en faire l'une des premières tables du pays blésois - jusqu'à l'âge de sept ans : cette période nourrit abondamment son imaginaire d'un attachement indéfectible à la nature et à la terre solognote, transposée aujourd'hui dans le Berry où il habite. Malheureusement, dès qu'il fut en état de le supporter, son père le plaça dans une pension dont il avait entendu dire grand bien, mais fort éloignée : à Vendôme. Ce fut pour le jeune Robert une rupture effrayante qu'il vécut comme une mise au bagne : et en effet, dans cette pension qu'il ne quittait qu'une fois par mois, il fut horriblement malheureux car nul ne comprenait son caractère rêveur et particulièrement original.

Robert Bichet étudiant dans sa chambre du Relais

  Robert Bichet adolescent dans sa chambre au Relais. Derrière lui, deux tableaux de sa composition

 

      Heureusement pour lui il poursuivit ses études à Tours, et put bientôt exiger de son père d'entrer au Conservatoire de cette ville. Sa fréquentation chaque été des clients fortunés reçus par ses parents dans leur auberge ("Le Relais" de Bracieux, une étoile Michelin pour la cuisine, avec une diligence devant la porte qui roulait encore parfois pour conduire les clients jusqu'à Chambord) lui avait donné le goût des arts, de la peinture, de la musique et de la poésie ; et un professeur de l'Institution "Notre-Dame-la Riche" à Tours, l'abbé Lucien Drouglazet, encouragea cette passion en l'inscrivant dans une bonne chorale.

      Son premier piano lui fut offert par une des clientes, et sa première "vente-dédicace" d'un ouvrage poétique (Triptyque, paru aux éditions Millas-Martin en 1970) fut organisée par son père au Château de Villesavin près de Bracieux en présence de l'actrice Madeleine Sologne qui en avait composé la préface.    La-diligence-de-Bracieux.jpgMême l'éditeur de cartes postales avait croqué la diligence du"Relais" de Bracieux, un jour de sortie où les aubergistes avaient loué des chevaux et des costumes. Sur la droite de l'image on peut voir les parents de l'artiste, et derrière eux Robert et sa soeur Joëlle (l'image peut être agrandie).  

 Vernissage d'une exposition de Pierre Dupas      Le peintre Pierre Dupas, que l'on voit ici au fond parmi ses oeuvres lors d'une exposition au château de Villesavin, fut l'initiateur de Robert Bichet en matière de peinture et de musique. En effet il peignait toujours en musique, particulièrement en compagnie d'oeuvres de Gabriel Fauré. Au premier plan la Comtesse de Sparre, maîtresse des lieux.

 

Portrait de Robert par Dupas

Portrait du jeune Robert réalisé par Pierre Dupas.

La chambre de Robert au Relais (2)Robert, inscrit au Conservatoire de Tours dans la classe de Gilbert Flory, travaille ici son hautbois en compagnie d'un client de ses parents, M. Jacques Anquetil, qui était violoniste. On retrouve le décor de sa chambre de jeune homme, avec un chandelier et au mur ses propres tableaux.

 

Expansion d'AmourSa première publication, un peu naïve mais absolument remarquable quant au travail d'édition entièrement réalisé sur papier d'emballage marron, avec des illustrations d'encres (1967)

TriptyqueTriptyque, le premier grand saut vers la prise de conscience d'être avant tout un poète et un créateur.

 

 

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Profil

  • Martine Maillard
  • "C'est quand on est enfant qu'on emmagasine dans son cœur les choses les plus importantes de la vie" , dit souvent Robert Bichet.    

Je souhaite vous faire partager ici son enthousiasme et ses passions.
  • "C'est quand on est enfant qu'on emmagasine dans son cœur les choses les plus importantes de la vie" , dit souvent Robert Bichet. Je souhaite vous faire partager ici son enthousiasme et ses passions.

Présentation

Né en 1947, Robert Bichet reçut d'abord  une formation de musicien au Conservatoire National de Région de Tours en hautbois puis en écriture. Simultanément il publia deux recueils de poèmes sur la Région de Tours et commença à peindre sous l'influence de Pierre Dupas.

            Arrivé à Paris en 1970, il suivit durant deux années le stage de formation organisé par le Groupe de Recherches Musicales de Radio France et le Conservatoire National Supérieur de Paris, puis reçut une formation universitaire à la Faculté de Paris VIII où il fut admis au grade de licencié dans les départements de Musique et d'Arts Plastiques. 

          Tandis que deux nouveaux recueils de poèmes voyaient le jour, il s'initia à la gravure et commença à développer une technique d'encres soufflées. Par ailleurs ses relations avec de multiples amis instrumentistes enrichit sa connaissance des divers instruments et lui permit d'envisager une écriture musicale basée sur des masses sonores où apparaissent en relief des solistes dont tous les moyens sont mis en valeur. Cette exigence de recherche instrumentale lui valut une édition musicale à compte d'éditeur (chez Henri Lemoine) de son "Désert II" pour hautbois.

          Après avoir enseigné dans divers collèges de la Région Parisienne et avoir réussi à y insuffler un élan vers l'expression musicale contemporaine, il fut nommé en 1981 directeur du Conservatoire Municipal de Musique d'Issoudun (Indre), où conjointement à ses activités d'administrateur il développa largement sa peinture,  sa poésie et sa musique, par des créations originales spécialement conçues  pour ses élèves, ou même pour les enfants des écoles, appelés à participer.

        Retraité depuis 2007 il poursuit ardemment par des cours, des conférences, des animations, des concerts et des expositions, le but qu'il s'est fixé :  amener chacun à éveiller le poète qui sommeille en lui, en prenant conscience que tout être humain est un créateur.       

L'Art vient d'ailleurs, il est sacré.

L'artiste n'est qu'un transmetteur capable de s'émerveiller.

Quels que soient sa race, son sexe, son âge, sa condition sociale, tout être humain a la possibilité de dire ou de penser : "c'est beau... ... ... "

C'est à cet instant qu'il devient poète.

S'il s'autorise à créer envers et contre tous, il devient alors artiste, nourri par l'énergie d'une force intérieure qui le dépasse et qui le guide.

Robert Bichet

Citations

« L'artiste doit aimer la vie et montrer qu'elle est belle. »

Anatole France

 

« Nous, nous voulons être les poètes de notre vie. » 

Frédéric Nietzsche

Un Reportage Vidéo

Bibliographie

POÉSIE

- Expansion d'amour

(Editions J.F.P.F., 1967) épuisé.

- Triptyque :

  . Expansion d'amour
 . Altitudes

  . Douze paraboles pour une jeune fille

(Editions José Millas-Martin, 1970) épuisé.

- De la fenêtre

(Editions Saint-Germain des Prés, 1971) épuisé.

- De la fenêtre

(Editions José Millas-Martin, 1972).

- Mes saisons de Bracieux

   Poèmes pour eux

   Poèmes venus d'ailleurs

(Editions Saint-Germain des Prés, 1973) épuisé

- Parcours secret derrière Orion

(Editions François Villon, 1997)

- Là-bas sont tous les rêves

(Editions Caractères, 2009)

 

MUSIQUE

- Désert II     pour hautbois

Extrait de "Du Fond du Gouffre", durée 7'

(Editions Henry Lemoine, 1986).

- Parcours secret derrière Orion      pour 7 saxophones

(5 saxophones alto mi b, 1 saxophone ténor si b et 1 saxophone baryton mi b), durée 20'

(Editions Van de Velde, 2002).